Arbres

Dix Séphiroth dans le néant et vingt-deux lettres de fondements :

  1. trois lettres mères : Alef א, Mem מ et shin ש
  2. sept lettres doubles : Bèt ב, Guimel ג, Dalèt ד, Kaf כ, Pé פ, Rèch ר, Tav ת
  3. douze lettres simples : Hè ה, Vavו, Zaïne ז, Hèt ח, Tèt ט, Yod י,Lamed ל, Noun נ, Samèh ם, Âïne ע, Tsadé צ , Qouf ק

    (Sefer Yetzirah, 1: 2)

Ces premiers mots du Sefer Yetzirah  établissent la base de l’arbre de vie – la contemplation, les relations mathématiques et symboliques entre les 10 Sefirot de la création et les 22 lettres de l’alphabet hébraïque. Ensemble, ils forment les 32 «chemins de la sagesse » émanés par lequel la divinité a créé et ordonné l’univers. En tant que tels, ils doivent également être compris comme chemins de réabsorption et d’ascension mystique vers le divin.

Les 3 lettres mères (א, מ, ש) sont la 1ère, le milieu et l’avant dernière lettre de l’alphabet, ils correspondent aux 3 éléments de la création (Ruach/Logos, eau philosophique et le feu philosophique). Les 7 Doubles (ב, ג, ד, כ, פ, ר, ת) sont les sept consonnes hébraïques qui représentent les sept planètes. Les 12 lettres restantes (ה, ו, ז, ח, ט, י, ל, נ, ס, ע, ץ, ק) sont attribué aux 12 constellations du zodiaque … nous remarquons que : les 7 planètes correspondent aux 7 jours de la semaine, les 12 constellations aux 12 mois de l’année. En examinant ces correspondances nous devons garder à l’esprit leur nature multidimensionnelle, relative à l’espace et au temps – de même en tenant compte de ces correspondances espace-temps, il ne faut pas oublier les principes transcendants derrière ces symboles – existant indépendamment de l’espace et du temps.

Les 22 lettres sont placées sur l’arbre de vie selon la formule géométrique suivante : les 3 droites horizontales pour les 3 lettres mères, 7 droites verticales pour les 7 lettres doubles et 12 droites diagonales pour les 12 lettres simples.

Trees

Les 3 lettres mères régissent les trois voies horizontales comme illustré ci-dessus. Ils représentent les polarités primordiales : le Feu philosophique (ש) et l’Eau philosophique (מ) séparées et réunies par le «souffle» divin Ruah (א). Ceci est une métaphore claire de l’acte de la création – le principe Logos réunit le Feu (ש / ▲) à l’Eau (מ / ▼).

Les 7 doubles lettres correspondent aux 7 chemins verticaux. L’ordre d’attribution le plus logique est la séquence des planètes par ordre d’émanation. Ainsi: ב = Saturne, ג = Jupiter, ד = Mars, כ = Soleil, פ = Venus, ר = Mercure et ת = Lune. Cet ordonnancement correspond à l’ordre traditionnel des planètes en fonction de leurs cycles sidérales et de leurs distances par rapport à la terre (du plus éloignée/au le plus proche). On retrouve cet ordonnancement dans la version longue/courte du Sefer Yetzirah de Saadia, Suares, Donash et de Shiur Komah. Les versions de GRA et de la Golden Dawn diffèrent sensiblement et ont probablement été  influencés par les correspondances que l’on retrouve dans le Zohar. Toutefois, je ne l’aborderai pas dans cette étude.

Attribution de sept lettres doubles dans les différentes versions.

planetarydoubleschart

Les différentes versions du Sefer Yetzirah assignent les 12 lettres simples aux 12 constellations basées sur l’ordre du zodiaque. Du fait qu’ils commencent tous par le signe du Bélier, nous pouvons être certains que toutes les versions datent de l’ère du Bélier (après le 12ème siècle av. J.C.) et ont été recopié au fur et à mesure.

Paths

En dépit de leurs différences, toutes les sources indiquent que le patriarche Abraham fut l’auteur original du ce texte. Dans Chronos l’Eternel, nous avons discuté de la précession des équinoxes et de l’alliance abrahamique lors de l’ère du Taureau. Cela signifie deux choses: 1) Les correspondances astronomiques ont été soit oubliés ou n’ont jamais spécifiées dans le texte original – sans doute remplacés par le zodiaque à une date ultérieure.

2) Le Sefer Yetzirah est conçu comme un texte vivant et dynamique qui doit être vu dans une optique d’un courant passé et futur. En effet, il serait utile d’expérimenter les différentes correspondances zodiacales à différentes ères pour mieux saisir la toute puissance de l’arbre.

Ces systèmes de correspondance mettent en exergue un ordre alphabétique d’attribution qui se réfère à un agencement spatial (sens horaire). Ce qui nous amène à nous poser la question quant à la disposition correspondante aux 3 dimensions. Si nous prenons les constellations comme seul attribut du temps, l’ordre est inversé car le soleil se déplace dans un sens antihoraire sur la ceinture du zodiaque.

Reportons-nous à l’âge prophétique du Taureau et attribuons ces correspondances afin de  démontrer la nature dynamique de cet Arbre. Les paires (lettres/constellation) sont: ה = Taureau, ו = Bélier, ז = Poissons, ח = Verseau, ט = Capricorne, י = Sagittaire, ל = Scorpion, נ = Balance, ס = Vierge, ע = Lion, ץ = cancer, et ק = Gémeaux. (Voir Chronos l’éternel pour plus de détails)

AgeOfTaurus

L’arbre qui en résulte affiche une polarité équilibrée autour du pilier central. Les constellations à gauche du pilier central correspondent aux éléments actifs (Feu et Air), tandis que celles de droite aux éléments passifs (Eau et Terre). Les constellations se propagent en zigzag du Taureau aux Gémeaux. Cet ordre décroissant (Taureau/Gémeaux) nous indique  la précession des équinoxes, tandis que l’ordre croissant (Gémeaux/Taureau) représente la progression annuelle du Soleil dans la ceinture du zodiaque. De toutes les façons que vous observez le cheminement du zigzag, il correspond aux polarités actives à gauche et passives à droite – ces polarités étant la force motrice de la création dans un circuit sans fin de l’hélice.

 

Il semblerait y avoir une contradiction apparente parce que le Sefirot Binah (3) est sur le côté gauche – sur les constellations actifs et que Chokmah (2) est situé à droite, coté passif des constellations. Comme on sait que traditionnellement on attribue à Chokmah, le principe masculin de la Sagesse, alors que Binah est la compréhension féminine.

arb2Cela n’est cependant pas une contradiction – loin de là en fait, ceci démontre bien  le principe kabbalistique de réflexion. Ce qui est homme / +  émet vers ce qui est féminin / –.  Ceci met en exergue l’interaction de la triade céleste immatérielle avec l’univers matériel. En outre, ce même principe de réflexion est présent dans notre circuit neurologique. Notre cerveau gauche contrôle les muscles et les sensations du côté droit de notre corps, tandis que le cerveau droit fait de même pour le côté gauche. En méditant sur cela et sur le récit biblique du serpent enroulé autour de l’arbre dans le jardin – ce récit prend une toute  autre dimension.

 

L’Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, l’arbre de la vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. (Genèse 2:9)

L’arbre dans la pensée traditionnelle est l’axis mundi de la création, il constitue pour l’initié un guide méditatif dans son union avec la Divinité (c.-à-d. la gnose). Dans certaines cultures,  l’arbre est le symbole central d’orientation et d’hiérarchie spirituelle. Pour les Scandinaves, Yggdrasil, mésoaméricain – Yax Imix Che ,  Védique,  Asvattha, Chine,  Nüwa et Fuxi – qui ne sont que quelques exemples d’ « Arbres de monde » semblables à ceux mentionnés dans la Genèse.

La kabbale fait appel un diagramme géométrique pour symboliser l’arbre –  illustrant de fait les 10 Sefirot du Sefer Yetzirah. Par ce biais, le Kabbaliste encapsulé  les mathématiques de correspondance entre les 10 Sefirot de la création et les 22 lettres de l’alphabet hébreu. Il existe deux variantes principales de diagramme géométrique : 1) l’Ari (Isaac Luria) , et 2) le Gra (Eliyahu le Gaon de Vilna).

La plupart des étudiants en ésotérisme occidental sont accoutumés avec l’arbre de vie d’Ari tel qu’il a été popularisé par Aleister Crowley, la Golden Dawn et autres branches franc-maçonnes. L’arbre d’Ari a la particularité d’avoir la non-Sefirot da’at (Connaissance) – pivot de réflexion entre la triade divine et les 7 Sefirot. L’arbre de Gra est équilibré géométriquement,  plus compact et ressemble à une projection isométrique d’un double cube (empilé l’un sur l’autre).

arb5

La différence entre la version de Gra et Ari est la colonne centrale. Les Séphiroth inférieures (Tiferet, Yesod, et Malkut) qui sont  décalées vers le bas dans l’arbre d’Ari.

En méditant sur les deux arbres côte à côte, nous retrouvons l’allégorie biblique de la chute de l’homme. Ceci est représenté par l’éloignement  de Tiferet (Splendeur), Yesod (Fondation) et Malkut (Royaume) de la triade divine.

Les deux arbres peuvent être interprétés comme les deux arbres du Jardin. L’arbre de la connaissance du bien et du mal avec da’at (Connaissance/ Gnose) et l’arbre de vie, de la rédemption (réparée), parfait et immortel. Da’at fera l’objet de notre prochain cours.

L’Éternel Dieu dit: Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement. (Genèse 3:22)

 


Thanks to Leonardo Drakon – You can read the original English version at : http://voces-magicae.com/2008/11/17/concerning-the-tree/

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