Soleil : Ignis Centrum

« Et autour du Soleil et dépendant du Soleil, sont les 8 sphères, à savoir la sphère des étoiles fixes, et les 6 planètes et la sphère qui entoure la terre. »- Corpus Hermetica, Libellus XVI.

 

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Les anciens savaient que le soleil était le centre de notre système solaire (héliocentrisme). Ceci a été mise à jour par les fouilles au Tholos (θόλος) d’Epidaure (sur l’aura) voir le dessin de son plancher, ci-dessous. Pour les initié aux mystères ésotériques Sol était bien plus que ce feu dans le ciel, il était une représentation du Principe Divin central, le centrum Ignis philosophique, le centre de toute la création. C’est par Sol dans sa manifestation physique comme Soleil et par l’astronomie que les initiés aux mystères sont parheliocentrevenus à comprendre les rouages de Cosmos. En observant son lever, son coucher, son oscillation annuelle et son déplacement au travers du zodiaque, les premiers philosophes équipés des outils rudimentaires de géométrie et des principes de base sont arrivé à sonder la nature sacrée de nos cieux. Les géométries et les principes exposés par le Soleil (ou plutôt la position de la Terre au Soleil) constituaient la norme avec laquelle les premiers astronomes ont commencé à examiner les cycles et la nature de tous les autres corps célestes. De ce fait, le Soleil dans le contexte de l’astronomie sacrée ne peut pas être examiné sans en premier exposer les méthodes empiriques de base par lesquelles les anciens divisaient, mesuraient et comprenaient le ciel.

Le Dôme, La sphère céleste et les grands cercles:

Le cercle, le dôme et la sphère sont les modèles géométriques de base des cieux. Quand nous observons le lever et coucher du Soleil, la Lune, les planètes et les étoiles, nous constatons qu’ils effectuent une trajectoire d’arc au-dessus de nos têtes. La sphère céleste, ce dôme est une projection de la sphère de la Terre vers l’univers. Sur ce dôme, on remarque 3 grands cercles d’importance:

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  1. L’équateur céleste: C’est une projection de l’équateur de la Terre sur la sphère céleste, il divise le ciel en 2 hémisphères, nord et le sud. Vu de la Terre, tous les corps célestes décrivent un arc de cercle parallèle sur cet équateur céleste.
  2. Le Méridien: C’est le grand cercle qui relie le pôle nord au pôle sud célestes (NPC) et SCP. Le point au-dessus est le zénith et le point en-dessous est le nadir. Le Méridien divise le ciel en 2 hémisphères, l’orient et l’occident.
  3. L’écliptique: D’un point de vue géocentrique, l’écliptique est le grand cercle représentant la projection sur la sphère céleste de la trajectoire annuelle apparente du Soleil vue de la Terre. Dans la sphère céleste, il est le grand cercle avec un angle incliné par rapport à l’équateur céleste. Cet angle représente l’obliquité de l’écliptique, qui, à ce jour est d’environ 23,44°. Toutes les planètes de notre système solaire restent relativement proches de l’écliptique, donc ce grand cercle a été utilisé pour tracer le mouvement du Soleil, de la Lune et des planètes par rapport à une bande d’étoiles lointaines. Ces étoiles lointaines sont devenues le zodiaque de 12 constellations à la suite de la division de l’écliptique en 12 portions de 30 degrés pour représenter les 12 mois de l’année.

Le grand cercle de l’équateur céleste coupe l’écliptique en deux points. Ces points sont appelés équinoxe de printemps (vernal) (VE) et équinoxe d’automne (AE) car ils marquent l’emplacement du Soleil au moment des équinoxes. L’équinoxe vernal est le début traditionnel du cycle solaire … il est le nouvel an astrologique, annonçant une transition – le soleil reste plus longtemps et s’élève dans le ciel apportant ainsi de longues périodes de chaleur et de lumière…ceci évidemment pour l’hémisphère nord.

Astronomie écliptique:

L’astronomie basée sur l’écliptique est bidimensionnelle (2 dimensions). Elle est entrée dans les traditions occidentales au travers de tablettes assyro-babyloniennes et des mages chaldéens. Aujourd’hui, elle est principalement utilisée en astrologie pour créer des horoscopes. Les astronomes modernes continuent à l’utiliser pour tracer les orbites planétaires.

Le principe sous-jacent est de représenter le mouvement du Soleil, de la Lune et des planètes par projection sur un fond éloigné d’étoiles fixes (Zodiaque) disposées autour d’un cercle entourant la Terre. En effet, en raison des grandes distances impliquées ce modèle géométrique reste adéquat même si les orbites planétaires sont plus elliptiques que circulaires et que notre système solaire est héliocentrique. Dans astronomie utilisant l’écliptique, les quatre stations solaires (solstices et les équinoxes) se produisent à angle droit du fait de l’orbite légèrement elliptique de la Terre.

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Le solstice d’hiver dans l’hémisphère nord se produit lorsque l’extrémité nord de l’axe polaire de la Terre pointe dans la direction opposée au Soleil, nous éprouvons le froid et des nuits plus longues. Le solstice d’été se produit lorsque l’extrémité nord est orientée vers le Soleil apportant des journées plus chaudes et plus longues. Les équinoxes sont les points milieux de ce cycle, la nuit a une durée égale au jour.

Les variantes du symbole de la roue solaire sont une représentation de la géométrie astronomique basée sur l’écliptique. On note plusieurs rayons pour diviser ce cercle en quartiers (intervalles de temps ou divisions de l’espace). Notez que, malgré la convention pour le représenter, cette famille de symboles ne constitue pas seulement une représentation directe du corps céleste Soleil, mais plutôt un principe central divin orienté sur les cycles de l’univers. Le cercle est associé à l’univers dans son entièreté. Le hiéroglyphe égyptien de ainsi que le symbole astrologique du Soleil désigne également «L’or» alchimique qui est directement liée à cette notion de Sol – principe central.

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L’astronomie de position:

Basé sur les observations à partir de la terre de la sphère céleste, l’astronomie de position est le plus ancien système pour mesurer le mouvement des corps célestes. Les monuments du néolithique comme par ex. Stonehenge sont un témoignage que nos ancêtres érigeaient des monolithes pour indiquer les positions du lever, coucher du Soleil et de la Lune afin de marquer les dates d’importance saisonnières. Cette méthode d’astronomie a également été utilisée pour projeter des ombres à l’aide d’un pilier droit (obélisque), ou érection d’un bâton afin de diviser la journée en heures (cadran solaire). Ces pratiques avaient été adoptées par les Grecs, les prêtres Horary de l’Égypte antique.

Dans l’astronomie de position, le cycle solaire a une géométrie légèrement différente que les 2 dimensions de l’écliptique – parce que le soleil ne se lève jamais au nord ou ne se couche au sud en raison de l’obliquité de l’écliptique. Ainsi, tout mouvement solaire est déphasé d’un arc de 23,4 ° nord ou sud par rapport à l’axe Est-Ouest. En observant les levers et couchers du soleil à l’horizon, nous voyons que le Soleil oscille de son extrême nord (solstice d’été dans l’hémisphère nord) jusqu’à un extrême sud (solstice d’hiver). Les positions des levers du soleil glissent le long de l’horizon jusqu’au solstice où le soleil reste fixe pendant 3 jours (d’où le terme «solstice», latin pour «l’arrêt du soleil»). Après environ 3 jours le soleil inverse son mouvement, fait marche arrière, vu de l’horizon il se déplace vers le solstice opposé. En astronomie de position les 4 quadrants sont repérés dans les 3 dimensions (spatiales) – de ce fait à l’équinoxe de printemps ou d’automne, le Soleil se lève et se couche aux mêmes positions.

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Comme relevé en l’astronomie de position sur 12 mois (6 mois de mouvement ascendant et 6 mois de mouvement descendant), on a 7 positions de levers. Ainsi, les entiers 3, 7 et bien sûr, 12 sont intrinsèquement liés au cycle solaire. Si nous prenons en considération levers et couchers de soleil, les 4 stations solaires constituent une géométrie de 6 points, ainsi nous passons d’une géométrie à 2 dimensions (zodiaque / écliptique) vers une géométrie spatial à 3 dimensions donc 4 = 6. (Lever au Solstice d’été, Lever à l’Équinoxe, Lever Solstice d’hiver, coucher au Solstice d’hiver, coucher à l’Équinoxe, Coucher au Solstice d’hiver). Cela devrait également être examinée aux côtés des 2 formes les plus populaires de l’arbre de vie dans la philosophie kabbalistique et son modèle basé sur  3, 7, 12. Le cherchant attentif remarquera que Tiphereth – la sephirah traditionnellement associé au Soleil – émane en 4ème position dans l’arbre de vie  de Gra et en 6ème position dans la version d’Ari.

Année solaire:

L’année solaire est de 365,25 jours, temps qu’il faut à la terre pour faire le tour du Soleil. Du fait qu’il y a en moyenne 0,25 jours (ou 6h) en plus par année solaire, nous ajoutons 1 journée supplémentaire tous les 4 ans. Si cette subtilité dans le cycle n’était pas appliquée, au bout de 30 ans, les mois n’auraient plus été synchrones. Les civilisations qui utilisent la forme géométrique de l’astronomie de l’écliptique ont conservés un calendrier de 360 jours, ils ont rajouté 5 jours intercalaires (épagomènes) pour avoir 365 (c’était la base du calendrier babylonien). Ensuite, tous les 4 ans une journée supplémentaire est insérée dans l’année ce qui nous donne 366, ceci afin de maintenir le calendrier en phase avec le rythme du Soleil. Les 6h supplémentaires du cycle solaire sont également la raison pour laquelle le calendrier grégorien moderne a des années bissextiles.

32 Ans, équinoxe et cycle:

Un phénomène étrange se produit juste avant l’équinoxe. En raison de la proximité Terre/ Soleil, la position du soleil au lever et coucher se distingue par un mouvement rapide à l’horizon au cours de la semaine proche de l’équinoxe. Bien que le soleil se lève toujours à l’Est – un observateur attentif notera d’infimes fluctuations quant à sa  position. Ces fluctuations se produisent pendant 32 ans, après quoi le disque solaire se réaligne sur sa position exacte d’Est. Au cours de la 33ème année, à l’équinoxe de printemps, le soleil se lève et se couche à la même position qu’il avait 33 ans plus tôt. Ainsi, nous découvrons un autre cycle de l’année solaire. Après 33 ans, nous avons une renaissance symbolique du Soleil dans l’astronomie de position. Ceci a influencé les mythes du héros solaire qui après 32 ans de vie, renaît pour l’éternité au cours de sa 33ème année (cf. Christ, Mithra, etc.). En guématrie hébraïque, בל (cœur) est égale à 32, nous indiquant le centre de notre corps subtil (le chakra du cœur, centre). Le lecteur pourrait aussi faire une recherche sur le nombre 137, qui est le 33ème nombre premier.

Cycle de précession:

On constate à chaque équinoxe de printemps, un petit décalage de l’axe de la terre. Il se déplace lentement vers une nouvelle constellation zodiacale tous les 2 160 ans, donc il faut au Soleil 25 950 ans pour achever un cycle complet autour du zodiaque. Les anciens prenaient l’équinoxe de printemps comme point de référence supposé «fixe» pour mesurer le mouvement du Soleil autour du zodiaque, ce point marquait  le «temps» et était associé au Nouvel An traditionnel – mais ce point n’est pas fixe car soumis à la précession des équinoxes. Du point de vue initiatique, les astrologues parlent d’Ages (Ère, Aion). C’est la constellation sur laquelle se lève le soleil à l’équinoxe vernal – donnant lieu à un changement de  conscience du peuple, pensée philosophique et spirituelle d’ère.

De nombreux auteurs ont souligné que durant l’Ère du Taureau, les cultes bovins dominaient le monde antique (par ex. le taureau Apis d’Égypte, le culte Cananéens Baal, le Minotaure de la Crète, etc…). Ces pratiques impliquaient le sacrifice d’un taureau, tauroctonie (Mithra) – moyen par lequel ceux initiés dans les mystères du cycle de précession le mettaient en valeur, le meurtre du taureau fait allusion au soleil qui se déplace de la constellation du  Taureau vers la constellation du Bélier. Après l’ère du Taureau, nous constatons un changement global – divinité à tête de bélier, le symbole de fécondité et de création sont associés au Bélier (chèvre ou agneau). La tête de bélier égyptien, Amon, le bouc de Mendes, Pan, et une pléthore d’autres divinités deviennent le centre de culte dans le monde antique. Autour du 1er siècle de notre ère au Moyen-Orient on voit apparaître et se développer d’une nouvelle secte apocalyptique juive avec pour héros et sauveur, le poisson. La montée du christianisme coïncide avec le passage du soleil de la constellation du Bélier vers celle du poisson (poissons). Le Christ est représenté par un agneau immolé à l’ère du Bélier et sa résurrection à l’ère du poisson, époque dans laquelle nous nous trouvons. Comme nous nous approchons de la précession suivante, celle de Verseau – le porteur d’eau, la pensée religieuse et philosophique est appelée à une transformation majeure – nous sommes maintenant capitaine de notre propre navire spirituel capable de naviguer dans les eaux divines sans nécessité de médiation institutionnelle. Les digues empêchant une inondation du savoir sont grandes ouvertes et ce qui était autrefois considéré comme ésotérique devient exotérique – de plus en plus de personnes ont accès aujourd’hui à des doctrines et des pratiques qui dévoilent les vérités transcendantes comme jamais auparavant.

La connaissance de ce cycle de précession a contribué à la philosophie religieuse et à l’ésotérisme car elle fait allusion à une force invisible, omnipotente et omniprésente, supérieure au soleil faisant tourner la roue du temps. En outre, la preuve de ce cycle de précession pourrait être observée à une échelle beaucoup plus petite – tous les 72 ans, le Soleil et les autres étoiles se déplacent d’un degré dans le ciel. Le nombre entier 72 et 32 (voir 32 Ans, équinoxe et cycle) sont d’une importance primordiale dans les traditions ésotériques. Nous les retrouvons dans la Kabbale – les 72 noms de Dieu et les 32 chemins de sagesse. Ces deux nombres entiers 72 et 32 non seulement représentent les cycles solaires mais également mettent en évidence une force supérieure à l’astre solaire, grand principe de notre univers. Nous discuterons de l’importance du cycle de précession et en particulier sa manifestation dans l’interprétation du Christ gnostique par l’analyse de la géométrie inhérente du symbole Chi-Rho dans Chronos l’Éternel.

23, 666 et l’obliquité de l’écliptique:

Les nombres entiers 23 et 666 ont une longue histoire d’association avec le Soleil et son principe. Comme nous allons le démontrer, ces entiers entre leurs diverses interprétations, étaient aussi une transmission de la connaissance de l’obliquité de l’écliptique aux initiés des mystères. Tout au long de l’existence de notre planète cet angle a varié entre 22° et 24° Toutefois, cet angle a été étroitement associé à l’entier 23 allant de 23,9° à 23,4°. Tout au long de la période classique biblique et plus tard dans notre histoire, l’obliquité de l’écliptique était d’environ 23,6°, ou sous forme fractionnaire 23 et 2/3. C’est au cours de cette période où nous trouvons une correspondance assez curieux avec ces nombres:

2 x 3 = 6 (émanation kabbalistique du sephirot Tipheret dans l’arbre de vie d’Ari, le nombre de rayons formés par sa géométrie du cycle solaire dans  l’astronomie de position)

2/3 = 0,666 (une approximation fractionnaire de l’angle d’obliquité, une référence au nombre biblique de l’homme ou de la bête)

Nous pouvons élaborer davantage sur ce sujet en examinant une kyrielle de symbole d’une même famille couramment utilisé par les premiers chrétiens, couramment appelés chrisme. Nous remarquons une variante de ces symboles à 6 rayons. Les deux plus populaires: 1) Le chrismon simple, formé par les lettres grecques Iota (I) et Chi (X) croisées, il correspond au monogramme Ιησους Хριστος (Jésus-Christ) ou la sténographie du mot Iχθυς (poisson),  2) Le Chi-Rho ou Croix de Constantin formé par les lettres grecques Chi (X) et de Rho (P) croisées représente le monogramme de Christos (Χριστός). Examinons ici une autre variante formée par Chi (X) et le chiffre 4 inversé.

L’interprétation de cette forme plutôt énigmatique de chrisme se trouve en dehors de l’alphabet grec – dans à la forme Sinaïtique de l’alphabet hébraïque. C’est la forme sinaïtique des lettres Aleph et Tav – la première et la dernière lettre de l’alphabet hébraïque, l’Alpha et Oméga, le commencement et la fin, symbole du Christ éternel. Inutile de dire que les 6 rayons représentent  sa géométrie en astronomie de position.

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Aleph est placé sur l’axe central et correspond à l’axe des équinoxes – Est-Ouest, Tav représente l’axe de solstice – les limites nord et sud du Soleil vu de la Terre (angle lié à l’obliquité de l’écliptique). L’Équinoxe vernal étant le Nouvel An traditionnel, Aleph = Début = Axe équinoxiale, c’est une évidence sur le graphique ci-dessus. Le solstice est la limite, donc la fin du cycle solaire (Le jour le plus long de l’année ou le jour le plus court de l’année)  Tav = Fin = axe des solstices.

Aleph est la 1ère lettre de l’alphabet hébraïque sinaïtique, Tav étant la dernière, la 22ème lettre. L’addition de leur positions alphabétiques nous donne 23 (1 + 22),  23 est l’inverse numérique de 32, nombre dont nous avons parlé ci-dessus dans (32 Ans, équinoxe et cycle), il représente les 32 chemins de la sagesse et de libération dans la Kabbale. En Gématrie hébraïque, הוט (lier) nous donne 23 indiquant son rôle de délimitation des extrêmes du cycle solaire (par opposition au rôle «libérateur» de 32).

Autre récurrence pertinente du nombre 23 et 666 – le carré magique de Sol, 6×6 – une variante a été publiée dans la magie astrologique, les Rasa’il Ikhwan al-Safa, texte en arabe. Je ne m’entendrai pas dans l’explication de l’importance des carrés magiques, toutefois, il convient de noter que la somme de tous les chiffres du carré totalise 666. Dans la grille du carré magique, aux coordonnées 2, 3 (colonne horizontale, verticale) on retrouve le chiffre 23. En termes de musique et de science des harmoniques .666 ou le rapport 2/3 est la quinte parfaite, P5, considéré par les pythagoriciens comme le plus puissant intervalle harmonique – naturellement ce ratio devait être compris comme l’harmonie de Sol.

Le soleil et la lune:

Les anciens sont arrivés à synchroniser les cycles lunaires et solaires. Ces 2 corps célestes étant la manifestation du masculin + et du féminin -, polarités de l’univers. Le Soleil est un symbole direct de l’agent central, comburant et actif (Δ), tandis que la Lune de par sa nature ne fait que réfléchir la lumière du Soleil, elle est passive, liquide et mutable (variable) (∇). Dans leur union céleste que nous pouvons qualifier de Chambre nuptiale céleste – nous trouvons la symbolique de la création de l’univers macrocosmique (les triangles entrelacés de l’hexagramme).

Nous avons abordé le sujet de la Lune, ses différents cycles et son rôle en tant que «mère» de l’astronomie sacré dans : Lune: Le crochet de la conscience.

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Soleil et Mercure:

Traditionnellement Mercure est la planète associée à l’initiation, à la magie et aux différents chemins de la science sacrée. Dans son rapport au Soleil, nous constatons que le cycle de Mercure par rapport à l’année solaire est d’un ratio 22/7. Cette fraction est une approximation du nombre irrationnel transcendant Pi, notion qui sous-entend «cercle» principe par lequel les cieux peuvent être mesurés et interprétés. En astronomie de l’écliptique, l’oscillation de mercure dans le contexte de l’année solaire, nous donne une géométrie avec les 2 polarités primordiales (Δ, ) – lorsque les 2 cycles sont tracés, l’union de ces 2 polarités, nous donne un Hexagramme.

La structure qu’accomplie Mercure, nous révèle les vérités universelles, il ou elle est à considérer comme le véritable initiateur de l’astronomie sacrée. Nous avons à peine gratté la surface de Mercure au sens initiatique dans : Mercure: passerelle vers les cieux.

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Soleil et Vénus:

Avec Vénus,  deuxième planète interne, nous retrouvons un autre principe universel. Ses cycles de conjonction avec le Soleil correspondent au rapport 8/5 –  fraction qui donne une approximation du nombre irrationnel transcendant, Phi. Tout comme Mercure, Vénus nous donne non seulement un principe fondamental par son rapport à Phi, mais elle transmet aussi par sa géométrie sur l’écliptique, l’un des symboles pérennes de la tradition initiatique. Par ses 5 conjonctions toutes les 8 années solaires, Vénus nous présente le symbole du Pentagramme. Nous avons traité de Vénus en profondeur dans : Vénus: La Féminine céleste.

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Soleil et Mars:

Mars est la première des planètes extérieures. Traditionnellement attribué au dieu de la guerre, il représente symbolique la planète de l’action dans toutes ses manifestations martiales, que ce soit au niveau intellectuelle ou sexuelle. Dans son cycle d’opposition avec le soleil, Mars s’illustre par le ratio 7/15, 7 conjonctions toutes les 15 années solaires. Ce cycle d’opposition tracée dans écliptique donne une géométrie heptagonale, plus précisément une étoile à 7 branches. En ce symbole l’initié découvre le principe actif – pouvoirs combinés des planètes du système solaire. Dans la Kabbale l’heptagone représente les sept planètes dans l’ordre croissant ou décroissant. En traçant l’heptagone, l’initié recrée l’ordre des jours de la semaine mettant ainsi les planètes en l’action en termes de leur manifestation temporelle.

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Soleil et Jupiter:

Il faut à Jupiter environ 12 ans (11,9 ans) pour compléter un cycle autour du zodiaque. Nous voyons que notre modèle de 12 mois par an reflété à une magnitude plus élevée. L’orbite de Jupiter autour du Soleil prend 399 jours et son ratio  Soleil/Jupiter est de 12/11. Cela signifie que mesurée à partir de la Terre, tous les 12 ans, Jupiter complète 11 cycles d’opposition avec le Soleil. La géométrie tracée par ce cycle est celle d’une étoile à 11 branches, ou Hendécagone.

L’Hendécagone symbolise l’Homme-Dieu (l’union du Pentagramme, Microcosme avec l’Hexagramme, Macrocosme). Dans la théorie de nombres pythagoricienne, le nombre 11 est vu comme une tentative de faire mieux que la perfection (10), symboliquement ici, l’initié conserve l’estime de soi (amour propre) face à la perfection (10 + 1). En même temps cela implique une dualité (11 = 1 + 1 = 2) car maintenant cet homme-Dieu existe séparément – en dehors des confinements du créateur démiurge. Nous retrouvons ce paradigme dans la mythologie gréco-romaine où Zeus/Jupiter tue son propre père (Titan Kronos) afin de donner naissance à une nouvelle ère. Cette dualité implicite ne doit pas être interprétée comme une domination complète et une libération de l’univers, mais plutôt comme une réalisation du Macroanthropos, où l’initié est maintenant prêt à se libérer de toutes ses attaches.

En outre, nous remarquons qu’au cours de son cycle la planète Jupiter disparaît du ciel de la nuit pendant 32 jours reflétant ainsi le cycle équinoxial du Soleil. Tout comme notre Soleil renaît symboliquement au cours de la 33ème année à l’équinoxe vernal,  Jupiter renaît dans le ciel de la nuit après 32 jours d’absence (obscurité) au cours du 33ème jour. C’est la même scène (allégorie) à de grandeurs différentes.

Soleil et Saturne:

Saturne prend 29,5 années pour accomplir son orbite autour du Soleil, ainsi le rapport Soleil/ Saturne nous donne 29,5/30. Se Basant sur ses périodicités, Saturne est plus étroitement lié à la Lune qu’au le Soleil – le cycle synodique de la lune est de 29,5 jours. Cependant, la relation entre Soleil et Saturne est fondamentale dans les travaux alchimiques car Saturne représente la double nature de l’homme, ce potentiel d’éternité spirituelle enfermée dans un tombeau de matière. C’est en transcendant Saturne que l’initié peut dépasser les limites de l’univers et laisser derrière lui sa dualité. Je cite Jean Isaac Hollander, alchimiste:

« De Saturne, elle est produite, de Saturne elle est faite la pierre philosophale … .Il n y a  pas plus grand  secret que ceci: ce que l’on trouve, c’est Saturne, puisque dans le Soleil [le vulgaire Soleil, pour ainsi dire nos facultés intellectuelles, la conscience extérieur] nous ne retrouvons pas la perfection que nous trouvons dans Saturne. Dans son intérieur et cela tous les philosophes sont d’accord, il est un excellent Soleil… En vérité, Saturne est la pierre que les anciens philosophes ne voulaient pas nommer ».

Contrairement aux autres planètes classiques, le cycle synodique de Saturne ne produit pas une forme géométrique cohérente, il présente un fractionnement continuel sur une période de  360 ans à tel point que le cycle Saturne/Soleil aurait 360 rayons et noircirait complètement le cercle de l’écliptique – un acte qui peut être décrit en philosophie comme étant «la quadrature du cercle». Cette perfection de Saturne dans un sens représente les liens et les restrictions de l’univers karmique de la condition humaine condamnée dans un  cycle sans fin de vie-mort. Dans un autre sens, elle est assimilé à la pierre philosophale cachée,  principe par lequel l’initié peut se défaire de ses liens et obtenir ainsi l’immortalité.

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Saturne étant une planète assez mystérieuse, ne manquez pas de lire : Chronos l’Eternel.


Thanks to Leonardo Drakon – You can read the English version at : http://voces-magicae.com/2009/11/14/sun-ignis-centrum/      Συγχαρητήρια στην Ελένη Αλτάνη για τα βιβλία της, διαβάσετε την iστοσελίδα : http://www.altani.gr/greek/index.html

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