Gnose et logos

logos

Par l’édit de Milan en 313, l’empereur Flavius Valerius Aurelius Constantinus, élève l’église chrétienne en institution politique  – le Dieu Chrétien est au-dessus du rôle de l’empereur. Cet événement marque petit à petit un éloignement de la chrétienté par rapport aux sciences pythagoriciennes héritées des premiers initiés.

La menace qui pesait sur l’institution religieuse de l’époque fût la doctrine gnostique qui stipulait : «nous sommes tous des enfants de Dieu et  nous n’avons pas besoin d’institutions médiatrices afin de vivre une expérience intime avec la Divinité ou d’entrer en contact direct avec LUI».

Pour préserver leur autorité et hégémonie dans l’empire, l’institution religieuse chrétienne déclara le gnosticisme hérétique – il les pourchassa et brûla leurs écrits.

  1. La Gnose (du grec γνῶσις, gnôsis : connaissance) est un concept philosophico-religieux selon lequel le salut de l’âme passe par une connaissance (expérience ou révélation) directe de la divinité, et donc par une connaissance de soi (γνῶθι σεαυτόν), connais-toi toi même et tu connaîtras les dieux.
  2. Le Logos (grec ancien λόγος lógos « parole, discours, raison, relation ») est au départ le discours parlé ou écrit. Par extension, logos désigne également la raison, forme de pensée dont on considère qu’elle découle de la capacité à utiliser une langue (grec γλῶσσα / glossa, γλῶττα / glotta « langue »). La notion de logos est présente notamment en philosophie, en rhétorique, en théologie chrétienne, en théosophie moderne et en psychologie.

Pour les premiers chrétiens, la doctrine du Logos était une doctrine de la gnose, telle qu’enseigné par Pythagore – doctrine relatant une harmonie (ἁρμονία, union, jonction) universelle (καθολικός, catholique, général, universel). Dans l’antiquité, Logos signifiait non seulement, parole, discours, raison, relation, mais aussi médiation, ratios et harmonie. Bien que ce mot ait une représentation assez simpliste de nos jours,  il garde son caractère magique par exemple dans les oraisons des noms divins dans la kabbale hébraïque,  les mantras des Védas, ou dans les nomina barbara (noms barbares) de la tradition gréco-égyptienne.

La doctrine du Logos a pris naissance dans l’Égypte antique, particulièrement par le personnage mythique de Thoth, patron de la parole, de l’écriture, de la sagesse, de l’astronomie, des mathématiques, de la musique, de la médecine et de la magie. En fait pendant la période dynastique (c. 3000 – 330 av. J.C.), on donnait à Thoth les épithètes de Seigneur de Ma’at (Ordre), Seigneur des paroles divines  et langue de , car dans la cosmologie égyptienne , le dieu Soleil Ré – en vibrant les noms divins, créait et mettait en mouvement l’univers. Sur le mur de la tombe de Seti à Abydos (voir photo ci-dessus) on y voit Thoth – psychopompe accomplissant le rituel d’ouverture de la bouche du pharaon afin que ce dernier puisse prononcer les noms divins pour permettre l’ouverture des portes du Douât – menant vers l’éternité et une existence spirituel immortelle.

Thoth fût plus tard appelé Hermès par les égyptiens hellénisés – les hermétistes voyaient en lui le même le principe gnostique de révélation et de Logos – tout comme les premiers chrétiens reconnaissaient ce principe dans le Christ. Dans le Corpus Hermetica, attribué à Hermès Trismégiste – troisième incarnation de Thoth – nous trouvons des références explicites au Logos comme principe d’ordre, fils de Dieu et pasteur de l’homme (Poimandrès).

2] Qui donc es-tu, répondis-je? — Je suis, dit-il, Poimandrès (le pasteur de l’homme),  Je sais ce que tu désires, et partout je suis avec toi…8] ὡς δὲ ἐν ἐκπλήξει μου ὄντος, φησὶ πάλιν ἐμοί, Εἶδες ἐν τῷ νῷ τὸ ἀρχέτυπον εἶδος, τὸ προάρχον τῆς ἀρχῆς τῆς ἀπεράντου· ταῦτα ὁ Ποιμάνδρης ἐμοί. – Τὰ οὖν, ἐγώ φημι, στοιχεῖα τῆς φύσεως πόθεν ὑπέστη; – πάλιν ἐκεῖνος πρὸς ταῦτα, Ἐκ βουλῆς θεοῦ, ἥτις λαβοῦσα τὸν Λόγον καὶ ἰδοῦσα τὸν καλὸν κόσμον ἐμιμήσατο, κοσμοποιηθεῖσα διὰ τῶν ἑαυτῆς στοιχείων καὶ γεννημάτων ψυχῶν   -Corpus Hermetica, Libellus I – Hermès Trismégiste, par Louis Ménard.

Pendant la période classique de la Grèce/Rome (c.a. 800 av. J.C. – 500 apr. J.C.), les enseignements du Logos furent transmis aux initiés des mystères Orphiques-pythagoriciens – le culte de Mithra, culte de Bacchus et ensuite aux premiers chrétiens. Les initiés apprenaient l’harmonie universelle pythagoricienne des mathématiques, l’astronomie, la géométrie et la musique. Par les symboles et narratives mythiques, les ratios qui compose l’ordre du Cosmos – manifestation perpétuelle de l’harmonie du Logos étaient dévoilés progressivement à l’initié.

Pour les initiés dans cette doctrine – la connaissance du Logos/Harmonia était bien au-delà de la science ( ἐπιστήμη , épistémè). C’était une expérience ontologique directement liée à la nature de l’être.

Pour comprendre et connaître l’univers, il faut d’abord comprendre à se connaître…γνῶθι σεαυτόν.


Thanks to Leonardo Drakon – You can read the original English version at : http://voces-magicae.com/2008/11/17/gnosis-and-logos/

Publicités

Un commentaire Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s