Cosmogénèse : une méditation géométrique

Tout est arrangé par les nombres. Discours Sacré, Jamblique, citant Pythagore.

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Dans un abîme des potentiels primordiaux toute création commence par le principe philosophique de 1. Cette action, ce moment, ou cette pensée qualitative vibre dans le tissu le plus subtil de la pré-création, ensuite, elle se trouve réfléchie et émane dans une existence matérielle. Nous pouvons par exemple jeter un caillou dans une mare et voir la façon dont les ondulations se propagent à partir de ce point. Dans notre concept d’abîme primordial, il n’y a pas de forces physiques pour contrer son expansion radiale, donc cette ondulation et son influence subtile se prolongent indéfiniment.

L’Unité Pythagoricienne 1 (auquel nous pouvons rajouter une infinité de zéros) sera le rayon (ἀκτίς rayon de lumière, soleil, ) de notre cercle. Ce premier cercle sera purement abstrait, nous allons le dessiner en pointillés afin de transmettre et nous faire comprendre certaines vérités et principes géométriques universels.1

L’aire d’un cercle ayant pour rayon l’Unité Pythagoricienne est toujours égale à π, Pi, A =π x r donc 3,14159265 x (1)2= 3,14159265 – nous voilà déjà en face du premier principe de géométrie universelle – la relation de tout rayon à son origine et son extension radiale est au travers de Pi. Ce potentiel du cercle primordial, l’encodage de Pi et l’unité pythagoricienne correspond au monde kabbalistique d’Atziluth – royaume d’émanation des principes divins.

Le processus d’émanation commence par la réflexion du rayon d’Unité Pythagoricienne du point vers la circonférence de notre du cercle. La conséquence de cette réflexion est que l’axe polaire du rayon s’est déplacé de telle sorte que le point source n’est plus l’origine du rayon, il est au contraire sa limite radiale. Nous inversons les bras du compas de telle sorte que l’aiguille se trouve maintenant à la circonférence au lieu du centre. 2De là, un deuxième cercle est créé en reproduction parfaite du premier. La réflexion de notre cercle abstrait vers ce nouveau cercle nous fait rentrer dans le monde kabbalistique de Briah – domaine de la création. Ce processus est répété trois fois résultant en quatre cercles reliés entre eux, ou les quatre mondes kabbalistiques (Atziluth, Briah, Yetzirah et Assiah). Du fait de l’éloignement du point d’origine de la lumière, les cercles successifs sont de moins en moins purs.

La formation de l’univers matériel a lieu dans Yetzirah, le 3ème monde émané (cercle au centre voir figure). Dans notre allégorie géométrique nous le représentons par six cercles autour de Yetzirah – formés à partir de leurs intersections le long de la circonférence du cercle central. Ces six cercles centrés sur la circonférence de Yetzirah doivent être compris comme les six dimensions de l’espace dans l’univers.31

A partir du centre de Yetzirah, un grand cercle est tracé englobant les 3 mondes émanés (Briah, Yetzirah et Assiah). Nous remarquons que dans ce grand cercle (macro) se trouvent circonscrits  7 cercles, qui représente les 7 jours de la création, les 7 planètes, ou les 7 métaux alchimiques de l’univers manifesté.

Étant donné que les cercles intérieurs (à l’intérieur du grand cercle) ont  pour rayon l’Unité Pythagoricienne (1), le grand cercle a pour rayon la Dyade Pythagoricienne (2). Symboliquement ici, nous pouvons parler du 1 se manifestant dans une multiplicité et polarités. Le diamètre du grand cercle est de 4 – nous retrouvons ainsi les 4 mondes ou les 4 éléments classiques du manifesté.

Si nous relions les points d’intersection des cercles intérieurs avec le grand cercle, nous obtenons un Hexagramme (6 Alphas) Pythagoricien dite macrocosmique  – de même si nous relions les points d’intersection des cercles intérieurs avec le cercle central Yetzirah, nous obtenons un Hexagramme dite microcosmique. L’Hexagramme est le premier polygone parfait qui peut être déduit et créé à partir d’une géométrie purement circulaire, ce processus est semblable à la «quadrature du cercle» et il est normal que cela se passe dans le cercle attribué à Yetzirah, monde de la formation.4

Nous notons que le premier cercle abstrait d’Atziluth n’est pas enfermé à l’intérieur du grand cercle, cependant son point central (source) est relié à la circonférence du cercle final d’Assiah  – illustrant de fait l’Aleph-Tau (ou Alpha-Omega) – la source et la manifestation finale ne font que 1 et ceci malgré les polarités et multiplicités de ses manifestations. En termes kabbalistiques, le point source est appelé Kether, et sa réalisation est Malkuth – de même qu’un début ne peut pas exister sans une fin, ou qu’il ne peut y avoir une couronne sans un royaume.

A ce stade, l’axis mundi ou pilier du milieu se manifeste sur le diamètre vertical du grand cercle qui relie Kether à Malkuth. Dans le grand cercle, nous remarquons 6 points d’intersections entre les 4 mondes. Ces six intersections sont les six Sefirot des piliers gauche et droite (Chokmah, Binah, Hessed, Gevurah, Netzach, et Hod).

Le centre du second cercle (Briah) est le point de séparation du monde d’Atziluth aux mondes inférieurs, il représente l’abîme – point de séparation du domaine des principes purs par rapport aux principes symboliques (Briah), qui est ensuite mise en forme dans (Yetzirah), et en action dans (Assiah). Ce centre est la non-sefirot Da’at.(grisé sur le figure)5

Le centre du cercle Yetzirah – centre du grand cercle représente par conséquent le point central de l’univers manifesté. Ce point est appelé Tifereth et il correspond au principe solaire de l’arbre kabbalistique. Nous remarquons également que c’est le seul point partagé par les 3 cercles inférieurs. Il ne nous reste plus qu’à décrire  le centre du cercle Assiah qui n’est autre que Yesod, principe lunaire sur l’arbre kabbalistique – fondation du monde et également point d’entrée  dans le monde de Yetzirah.

La création de ces 4 mondes résulte en 3 lieux de convergence –lieux qui partagent les caractéristiques de deux mondes à la fois. Ces lieux sont appelés Vesica Pisces, et ils nous donnent un autre principe de géométrie sacrée. Étant donné que le rayon de chaque cercle est de 1, la largeur des Vesica Pisces est le nombre irrationnel √3. Dans la Kabbale traditionnelle ces 3 «chemins» horizontaux correspondent aux trois lettres Mères de l’alphabet hébraïque (Shin, Aleph, Mem) et par conséquent aux 3 éléments de la création (le Feu philosophique, le souffle Ruach / Logos et l’Eau philosophique). Ces 3 chemins Mères sont aussi les 3 plans sur lesquels le point source est réfléchi pour créer les 4 «cercles» des mondes kabbalistiques. Dans notre métaphore géométrique comme dans la philosophie kabbalistique, ces trois lettres Mères, shin ש Alef א, Mem מ /éléments (Feu, Air, Eau) constituent les principes fondamentaux par lesquelles le  1 structure l’univers manifesté. 6

Si nous prolongions les 3 chemins de lettres Mères afin qu’ils touchent le grand cercle (exemple en pointillé sur le dessin) nous remarquons que le rapport de AB/AC ou BC/BD nous donne un autre nombre irrationnel et sacré, Phi. Dans notre exemple sur l’axe de Mem qui intersecte le grand cercle, le rapport entre la distance séparant Netzach C de Hod B, BC est de  Φ,  BC/BD = Φ.

 

 

  •  Pour tracer une fleur de vie (voir photo ci-dessus) nous avons utilisé un compas (du grec ancien διαβήτης nom d’agent du verbe διαβαίνω (« se tenir en écartant les jambes ») de diá et βαίνω (division pour avancer, traverser) de même le compas a 2 jambes – explicitement 2 polarités réunis en 1 et il me semble entendre les prêtres égyptiens me murmurer à l’oreille que le pharaon serait venu des jambes de la divine neuf (9 )(ἐννέα, ἐν νέα ἐν en nouveau 1). Nous trouvons la fleur de vie sur le site d’Osiréion à Abidos, Egypte. [1]. Quant à savoir si Pythagore aurait reçu des enseignements des prêtres égyptiens relatifs à ce que nous appelons aujourd’hui la fleur de vie ? Il est plus que probable. En saisissant un compas en main, n’a-t-on pas l’impression d’avoir l’Alpha ? En outre l’acte de division dans une progression se rencontre dans la division embryonnaire. [2]

 

L’Unité Pythagoricienne étant de 1, nous allons l’utiliser dans un rectangle, ce dernier aura pour largeur 1 et pour longueur la Dyade Pythagoricienne 2 . Selon Pythagore, le carré de l’hypoténuse (gr ὑποτείνουσα : sous-tend, soutenirrectangle) est égal à la somme des carrés des côtés, soit notre hypoténuse dans ce cas-ci, est la racine carrée de 5 = 2,23606797. Si nous additionnons les côtés de notre triangle, 1+2+ 2,23606797 = 5,23606797 nous obtenons un nombre irrationnel qui correspond à la coudée égyptienne.

Si nous additionnons l’Unité Pythagoricienne 1 à notre hypoténuse 2,23606797, pour ensuite le diviser par 2, nous obtenons Phi. (1+2.2360679774997897)/2 = 1,61803398.Si nous prenons notre coudée égyptienne (périmètre de notre triangle) et le divisions par 2 nous obtenons le pied égyptien : 5,23606798/2 = 2,61803399.

Le pied égyptien n’est autre que Φ + 1,  1,61803398 + 1 = 2,61803398. La figure ci-dessus est communément appelée carré long, en fait il s’agit d’un double carré (2 dimensions ou de 2 cubes côté à côte, 3 dimensions). Le périmètre de notre rectangle,  1+2+1+2= 6 or si nous multiplions notre coudée égyptienne par 6,  5,23606798x 6= 31,4164078, ce nombre n’est autre que πil faut toujours faire abstraction de la virgule.rect2

Si nous tracions un cercle (en pointillé) au milieu de deux carrés, sa diagonale ramenée à la base de notre rectangle mesure 1,618 – nous pouvons aussi le trouver en prolongeant de 1 notre hypoténuse et diviser l’ensemble par deux : (1+ 2,23606797)/2 = 1,61803398

La suite de fibonacci, 1,1,2,3,5,8,13,21,34,55,89,144,233,377 …n’est pas innocente car si nous divisions chaque nombre par son précédent, nous trouverions Phi ou son approximation. Exemple : 89/55=1,618. Si ces nombres étaient exprimés en coudées, il suffirait de les multiplier par 0,5236 pour trouver son équivalent en mètres.

En faisant abstraction de la virgule, nous nous apercevons que la coudée égyptienne est égale à π/6, 31416/6=5236. Par conséquent, si nous traçons un cercle de rayon d’Unité Pythagoricienne 1, ce cercle aura une circonférence de 6,2832 radians, C=2 x π x r soit 2 x π x 1 =  6,28318530 radians.

Si nous divisions ce cercle par 12 comme sur le zodiaque de Denderah, soit  6,28318530/12= 0,523598775 radians… nous nous apercevons que chaque signe du zodiaque aurait en fait un arc correspondant à la coudée égyptienne. maier21La pyramide (gr πυρός:feu αμίδα: récipient) de Gizeh a pour côté mesuré de nos jours en moyenne ~230,38 m, cela veut dire 230,380923/(π/6)= 439,995154 coudées égyptiennes de côté, la circonférence de son cercle circonscrit est de C= π x d = π x 439,995154  x √2 = 1954,84696. La circonférence de son cercle inscrit est son périmètre P x π/4 = (439,995154 x 4)x π/4= 1382,28554. Si nous effectuons la soustraction de ces deux circonférences 1954,84696- 1382,28554= 572,561416. Cette valeur étant en coudées, nous allons la transformer en mètres : 572,520592 x (π/6)= 299,792456 m – étrange que cela puisse nous paraître mais ce nombre correspond à une approximation de la vitesse de la lumière dans le vide.

Nous n’aborderons pas dans cette étude les autres encodages que l’on trouve dans la pyramide de Khéops, de l’Ankh et le ΔΥ, du Talatate , de l’Atalanta Fugiens de Michael Maier et de leurs rapports avec le rectangle d’or et la coudée égyptienne.

  •  Pour tracer un rectangle d’or, nous avons utilisé une équerre (γνώμων, équerre, clepsydre, aiguille de cadran solaire) de même γνώμων, gnômôn : qui connaît, sait, discerne, comprend, interprète, juge…le mot gnose (γνῶσις) vient du terme γνώμων. En saisissant une équerre, n’a-t-on pas l’impression d’avoir en mains Tau ? D’avoir à faire à l’aiguille du cadran solaire ou à un obélisque [3] ? Quant à savoir si les égyptiens connaissaient le mètre ? Ou la vitesse de la lumière dans le vide ? La géométrie de la vie [4]? Probablement.

Et Dieu dit : Que la lumière soit; et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Et Dieu nomma la lumière, jour; et les ténèbres, nuit. Ainsi fut le soir, ainsi fut le matin; [ce fut] le premier jour….Les cieux donc et la terre furent achevés, avec toute leur armée. Et Dieu eut achevé au septième jour son œuvre qu’il avait faite, et il se reposa au septième jour de toute son œuvre qu’il avait faite. -Genèse 1 & 2.

Notes :

  1. Ce site présente une visite intéressante du site d’Osiréon, Abidos, Egypte :The Osireion (the Temple of Osiris) en particulier cette photo : photo de la fleur de vie.
  2. Ce site nous explique la division dans une progression : De la première cellule à la nidation.
  3. L’obélisque de St Sulpice ou le Gnomon.
  4. La géométrie de la vie: 1ère partie, 2ème partie, 3ème partie, 4ème partie.

 

 


Thanks to Leonardo Drakon  – You can read an English version at : http://voces-magicae.com/2009/10/24/creation-a-geometric-meditation/

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