Invocation d’Hécate

Ô nuit, fidèle à mes secrets; étoiles au front d’or, qui, avec la lune, succédez aux feux du jour; et toi, triple Hécate, témoin et protectrice de mes enchantements…par vous j’ai assoupi ce dragon, de la toison gardien infatigable; et la Grèce a reçu cette riche dépouille conquise par mes soins.- Ovide – Les Métamorphoses – VII, Éson, 192-218.

 

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Dans cet article nous allons examiner des rituels d’invocation adressés à cette Déesse dans le cadre des PGMs. Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, Hécate dans les papyrus grecs magiques, elle est assimilée à Séléné, Artémis et Perséphone.

Prendre du cumin d’Éthiopie et du gras d’une chèvre tachetée vierge,  – amalgamer et offrir à Séléné, le 13ème, 14ème, sur la terrasse du toit dans les charbons de l’ encensoir en terre. – PGM IV. 2708-2713

Ces instructions nous donnent le moment idéal (moment de la pleine lune), l’endroit (à l’extérieur, et l’offrande (cumin d’Éthiopie, qui n’est autre que de la nigelle) destinée à la Déesse – remarque : on avait pour coutume d’offrir une chèvre à Artémis, quant à trouver du gras d’une chèvre tachetée et vierge de nos jours ? c’est du symbolisme, donc je suggère de substituer l’offrande par de la myrrhe.

Bien que la traduction de Betz soit bonne, j’ai repris la version original en grec ancien de Preisendanz et j’ai traduit les parties dont nous avons besoin en français afin de mieux appréhender le contenu.[1][2][3][4][5]

1ère invocation :

´δεῦρ᾽, Έκάτη, γιγάεσσα, Διώνης ή μεδέουσα, Περσια, Βαυβώ, Φρούνη, ἰοχέαιρα, ἀδμήτη, Λύδη, ἀδαμάστωρ, εὐπατόπρεια, δᾳδοῦχε, ήγεμόωη, κατα<καμ>ψυψαύχενε, Κούρη · κλῦθι, διαζεύξασα, πύλας ἀλύτου ἀδάμαντος, Ἅρτεμι, ῆ καἰ πρόσθεν ἐπίσκοπος ἦσ<θ>α, μεγίστη, πότνια, ῤηξίχθων, σκυλακάγεια, πανδαμάτειρα, εἰνοδία, τρικάρανε, φαεσφόρε, παρθένε σεμνή· σ ἐ καλῶ, ἐλλοφόνα, <δο>λόεσσα, Ἀυδναία, πολύμορφε·

δεῦρ᾽, Έκάτη, τριοδῖτι, πυρίπνοα φάσματ᾽ ἒχουσα χἀτ ἒλαχες δεινάσ μέν ὀδούς, χαλεπἀς δ᾽ ἐπιπομπάς· τἀν Έκάταν σε καλῶ σὐν ἀποφθιμένοισιν ἀώροις, κεἲ τινες ἦρὠων ἒθανον ἀγὐναιοἰ τε ἂπαιδες, ἂγρια συριζοντες, ἐπἰ φρεσι θυμὀν ἒδοντες ( οί δἐ · ἀνέμων εἲδωλον ἒχοντες)·– PGM IV. 2714-2734

Venez! Hécate, Géante, protectrice de Dioné, (fille) de Persès, Baubo, Phroune (grenouille), décocheuse des flèches, indomptable Lydienne, invincible, de naissance noble, porteuse des flambeaux, Reine, tordant les cous fiers, korê écoutezmoi, vous qui désintégrez les portes adamantines indestructibles, Artémis vous êtes également gardienne, Grande Maîtresse des divinités, surgissant de la terre, guide des chiens, toute puissante, Einodia (Déesse de la croisée des chemins), aux trois cranes, porteuse de lumière, vierge révéréeJe vous invoque, tueuse de faons, astucieuse, Aidonia (Déesse souterraine), vous avez de nombreuses formes. Venez ! Hécate de trois voies, vous et vos fantômes qui aspirent le feu, vous surveillez par tirage au sort les chemins redoutés et les enchantements difficiles. Venez Hécate, je vous invoque avec ceux qui ont péri prématurément, ces héros qui sont morts sans femme et sans enfants et dont les âmes hurlent sauvagement leurs cœurs langoureux.


Dans cette invocation, nous remarquons que le scribe qualifie Hécate de Géante. Le terme grec γιγαντε, signifie né de la Terre, une désignation chthonienne n’ayant très peu avoir avec l’image moderne de géant, créature gigantesque humanoïde. Dans Lucifer Princeps de Peter Grey, les géants de l’antiquité grecque étaient les enfants des Titans (dieux renversés), mythe que l’on peut mettre en parallèle avec les Nephelim et Rephaïm de la Bible – nos héros, ancêtres de l’espèce humaine.[6] Pas étonnant que le scribe ait utilisé en premier cette épiclèse – Hécate a toujours été désignée comme guide des morts et des âmes agitées. Sa connexion avec nos puissants ancêtres, héros et morts est une fois de plus démontrée dans ce rite. Nous remarquons également le mot Φρούνη(grenouille) – dans une pièce d’Aristophane, Les Grenouilles, datée de 405 av. J.-C, Dionysos descend aux enfers déguisé en Héraclès, il traverse le Styx au bruit des coassements harmonieux des grenouilles.[7] [8]En nous rendant en Égypte, nous rencontrons Aheqet, connue aussi sous les vocables de Hecat, Héquet, Héqet, Heget, Heket, Heka – Déesse Égyptienne à tête de grenouille travaillant de concert avec son époux Khnoum – de l’élément liquide, elle anime les corps et donne aux êtres le souffle de vie – elle symbolise donc résurrection et métamorphoses. Dans «Apocalypse Révélation Alchimique»,  de Jean De Clairefontaine, la phase finale de Solve est caractérisée par la couleur verte du Frai de Grenouille (la phase de la Végétation, huitième mois philosophique).[9]

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Pour ce rite, je conseillerais au(x) dévot(s) de cette Déesse qui se serait au préalable découplé du monde d’illusions :  de visualiser à sa gauche une jeune fille avec des cheveux d’un noir de jais pendant jusqu’à l’aine. Elle est vêtue d’une tunique blanche et elle tient dans ses mains une sphère dans laquelle une petite lumière scintille. Soudain, elle élève cette sphère, et nous entonnons avec elle cette invocation.

2ème invocation :

ἀλλἀ σύ, ὦ Έκἀτη, πολυώνυμε, παρθένε, Κούρα, <ἐ>λθέ, θεά, <κ>έλομαι, ἂλωος φυλακἀ καἰ ἰωγη, Περσεφόνα, τρικάρανε, πυρίφοιτε, βοῶπι, βουορφορβη, πανφόρβα, φορβαρα · Ἀκτιωφι, Ἐρεσχιγάλ Νεβουτοσουαληθ · παρά θυραις πυπυληδεδεζω ῤηξιπύλη τε. δεῦρ᾽ Έκάτη, πυριβουλε, καλῶ σε ἐπ᾽ ἐμαἶς ὲπαοιδαῖς · μασκελλι μασκελλω · φνου κενταβαωθ · ὀρεοβαζάγρα ῤηξιχθων ἲπποχθων · ὀρεοπηγανύξ · μορμορον τοκουμβαι (κοινόν) · μαινομένη ἠ δ(εῖνα) – PGM IV. 2746 – 2755

Mais vous, Oh Hécate, ayant plusieurs noms – vierge, korê, venez Déesse, gardienne des faveurs, abri. Perséphone aux trois faces, marcheuse sur le feu, aux yeux de vache, BOUORPhORBÊ, PANPhORBA, PhORBARA • AKTIÓPhI ERESChIGAL NEBOUTOSOUALÊTh • vous vous tenez à côté du portail, PUPULÊDEDEZÓ – briseuse de barrière. venez Hécate avec vos conseils enflammés, je vous invoque avec ces incantations. MASKELLI MASKELLÔ PhNOUNKENTABAÔTh OREOBAZAGRA RÊXIChThÔN HIPPOChThÔN PYRPÊGANYX MORMORON TOKOUMBAI


Le mot Phorbas ou Phorba, Phorbe, Phorbantia apparaissent fréquemment dans les PGMs.[10] Il signifie, terre (pâturage) généreuse, Sophocle emploie le terme φορβας γαια (terre généreuse), terre féconde, nourricière, mais parfois ce terme est utilisé comme une métaphore à prostitution. BOUORPhORBÊ, signifie vache généreuse, nourricière et PANPhORBA, nourricière de tout le monde. La double signification de mot phorbas (nourricière/prostitué) et les épithètes par exemple de Perséphone (vierge, demoiselle/korê) aborde le thème paradoxal de la jeune fille mère et de la pute vierge. Cette dichotomie est très intéressante  car elle résonne avec la Divinité Proche-Orientale, Ishtar, Inanna et Astarte. Dans le système mystique de Thelema, une femme écarlate, Babalon possède ses caractéristiques.

Aktiophis : ακτις, rayon de lumière et οφις, serpent.  Ereschigal, divinité babylonienne. Neboutosoualêth, sans doute le dieu babylonien de la sagesse et de l’écriture, Nebo/Nabû, que les grecs assimilèrent à Hermès. Portail/briseuse de barrière ou dans le précédente invocation, les portes adamantinesHomère parle également de ces portes, πυλαι Αιδαο – séparant les vivants des morts et justement Hécate est la gardienne (au seuil) – non seulement elle a le pouvoir d’ouvrir ces derniers mais également de briser cette frontière et d’emmener des esprits de l’au-delà dans cette réalité.

Maskelli Maskellô est une formule que l’on retrouve fréquemment dans les PGMs. Cette formule, tout comme les Ephesia grammata sont associées aux Dactyles idéens, mais aussi à la Déesse Ananké. Jake Stratton-Kent, nous fait remarquer que dans la tradition populaire et particulièrement dans les papyrus magiques, cette dernière est une Déesse de la mort.[11] Si nous nous tournons vers hébreu, on a le mot  משכיל Maskil , qui veut dire chant de sagesse comme dans le 13ème psaume.  Phnounkentabaôth (φνουνκενταβαωθ), pt.noun (Phnoun), nom phonétique de la divinité égyptienne de l’abime, océan primordial, Noun. Κεντ (Kent) percer, aiguillonner, piquer. ABAÔTh (αβαωθ) est probablement le suffixe d’une divinité gnostique, voire par exemple: Sabaoth et Yaldabaoth. Gershom Scholem suggère le mot hébreu hellénisé  יהוה צבאות (Seigneur des armés) – donc φνουνκενταβαωθ, est une divinité qui contrôle ses soldats (abeille-soldat) dans l’abîme ou à l’extérieur de l’abîme.[12] anatolia

Dans la Grèce antique, nous retrouvons des abeilles qui avaient une relation particulière avec les caves sacrées (ex: les Dactyles idéens du mont Dicté, Crète), aux mancies et aux goètes.[13] Ne pas oublier qu’Hécate étant une divinité lunaire a un pied dans les deux mondes et du fait qu’elle était considérée comme la Reine de toutes les autres divinités, le rapprochement avec la reine des abeilles fût sans doute établi. Oreobazagra (ορεοβαζαγρα), ορεο, montagne et Baza  ( βαζα), parler,  gra ou graa est sans doute du sanskrit hellénisé, qui veut dire serpent – donc ορεοβαζαγρα signifierait serpent qui parle comme par exemple le Python de Delphes. RÊXIChThÔN (ῤηξιχθων), brisant ou émergeant de la terre. HIPPOChThÔN (hippochthôn), cheval de terre et de marée. PYRPÊGANYX (Seigneur de la fontaine de feu). Ces épiclèses font référence aux Dactyles idéens, en effet ces derniers ont émergés de la terre quand la Déesse Mère plongea ses mains dans la cave Ida. Les Dactyles furent les premiers à travailler les métaux d’où sans doute l’épithète Seigneur de la fontaine de feu. Ils furent poètes et musiciens, ayant pour symbole le cheval, la mare. Ils rédigèrent des épodes (ἐπῳδός) – s’occupèrent de l’enfant Zeus en le nourrissant de miel produit par les abeilles sacrées du mont dicté. Dans le PGM LXX. 4-25, le lien entre Hécate et les Dactyles est encore plus renforcé, car il inclut la récitation des variantes formes des Ephesia Grammata (ασκει, κατασκει…)[14]… «J’ai été initié, je suis descendu dans le monde souterrain dans la chambre des Dactyles, et par cette initiation aux mystères et aux techniques des Dactyles, je suis à même protégé et autorisé à interagir avec Hécate et les autres forces chthoniennes», s’écriait l’initié de l’époque.

Pour ce rite, je conseillerais au(x) dévot(s) de cette Déesse de visualiser en face de lui, une femme enceinte vêtue d’une toge de couleur cramoisi. Elle ressemble étrangement à la jeune fille de gauche. Elle tient dans ses mains au niveau du ventre une sphère où brille une lumière rouge. Au moment où elle nous fixe intensément, nous entonnons avec elle cette invocation.

 3ème invocation :

 θενωβ · τιθεληβ · ηνωρ · τενθηνωρ · τολυώνυμε, κυζαλεουσα παζαους. διὀ καλλιδηχμα και ψαβ᾽ φλέξον ἀκοιμήτῳ πυρί τἠν ψυχἠν τῆς δεῖνα. και Ὠρίων καἰ ό ἐπάνω καθήμενος Μιχαήλ · έπτἀ ύδάτων κρατεῖς καἰ γῆς, κατέχων, ὂν καλέουσι δράκοντα μέγαν ακροκοδηρε μουϊσρω Χαρχαρ Ἀδωναί, Ζεῦ δη Δαμναμενεῦ κυνοβι ου εζαγρα · κοινόν. Ἰὠ πασικράτεια καἰ Ἰὠ πασιμεδέουσα · Ἰὠ παντρεφέουσα Ζηλαχνα · και σααδ · σαβιωθη · νουμιλλον · ναθομεινα · ἀεἰ κεινηθ · ἂλκιμος Θησεὐς ονυξ, περίφρον Δαμναμενεύς, ἀμυναμένη, αλκυια θεά, νέκυια, Περσία σεβαρα, ακρα. σπεῦδε τάχιστα, ἢδη ἐπ᾽ ἐμαῖσι θύραισι παρέστω᾽ (Κοινον). – PGM IV.2765 – 2784

THENÔB TITHELÊB ÊNÔR TENTHÊNÔR. Possédant plusieurs noms, KYZALEOUSA PAZAOUS. Car KALLIDÊCHMA et PSAB, brûlent et veillent sur le feu de la vie et Orion et Michael sont assis en haut. Vous ,qui avez le pouvoir sur les sept eaux et la terre, invocateur du grand serpent. AKRODÊRE MOUISRÔ CHARCHAR ADÔNAI, ZEU DÊ  DAMNAMENEU,  KYNOBI OU EZAGRA. IÔ dominant tout et IÔ protégeant tout le monde. IÔ nourrissant tout. ZÊLACHNA et SAAD SABIÔTHE NOUMILLON NATHOMEINA toujours KEINÊTH, brave Thésée, la calcédoine, prudent DAMNAMENEUS, protectrice déesse des morts (νέκυια), Persès, SEBARA, de l’ultime frontière où vous vous tenez à côté des portes, et vous mettez en mouvement rapide et pour toujours (l’univers).


Cette invocation est assez complexe, on y voit des éléments de la tradition abrahamique comme Michaël et Adonaï. On remarque des apports de diverses croyances, des sémites, de l’Égypte, de Babylone et de la Grèce. Le scribe fait mention d’Orion et nous connaissons la légende mettant en scène Artémis et Orion dans la mythologie grecque. Le terme AKRODÊRE est placé dans le texte juste après le grand serpent, et l’on trouve dans les PGMs la formule AKROUROBORE KODÊRE, qui veut dire qui se mange la queue, une référence à Ouroboros.[15] MOUISRÔ, c’est une partie de la formule, l’entièreté de la phrase serait SERPOT MOUISRÔ que l’on retrouve dans PDM xiv et dans le papyrus de Leyde. Griffith et Thompson suggèrent que ce serait l’orthographe phonétique de l’égyptien  Srp.t m3y sr (Lotus, Lion, belier), donc le Nord, le Sud et l’Est. CHARCHAR, les scribes fabriquaient des phylactères de 100 lettres censés protéger le croyant – je classerais ce mot dans cette catégorie. DAMNAMENEUS, c’est le nom d’un des dactyles, voir plus bas où je donne plus d’explications.[16] [17]KYNOBIOUEZAGRA, on trouve des variantes comme Oreobazagra, Aôrio zagra ou orthographié autrement KYNOBI OU EZAGRA. Vers la fin de l’invocation, le scribe met l’accent sur le serpent – nous savons par contre qu’Hécate a pour épithète drakaina (serpentine), ônodrakontis, opheoôplokamos (encerclée par le serpent). Paradoxalement, elle est la déesse de la vie (pantrephô, paggennêteira) mais aussi de la mort (nekuia). Une autre épithète d’Hécate est aôroboros (dévore, cause une mort prématurée).

Pour ce rite, je conseillerais au(x) dévot(s) de cette Déesse de visualiser à sa droite, une vieille femme vêtue d’une robe noire toute en lambeaux. Ses cheveux blancs emmêlés portent des tresses étranges d’où pendent des babioles qui recouvrent sa face et nous distinguons à peine ses yeux. Elle semble remplie de sagesse et elle pointe de sa main ridée le sol. Nous avons à peine le temps de voir la sphère de couleur noire que sa robe vient de voiler. Malgré qu’elle semble dépourvue de souffle, d’une voix mélodieuse, nous entonnons avec elle cette invocation.


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Les trois femmes nous rejoignent, et en se tenant la main forment autour de nous un cercle. Des éclairs zèbrent le ciel et le tonnerre secoue le sol sous nos pieds. Nous nous tenons au centre de ce carrefour et de concert nous entonnons :

ΑΣΚΙΟΝ ΚΑΤΑΣΚΙΟΝ ΛΙΞ ΤΕΤΡΑΞ ΔΑΜΝΑΜΕΝΕΥΣ ΑΙΣΙΟΝ –Ἐφέσια γράμματα

C’est l’une des plus célèbres formules magiques de l’antiquité – Ἐφέσια γράμματα, les lettres d’Éphèse font référence au culte d’Artémis à Éphèse. – ΑΣΚΙΟΝ, Α privatif et ΣΚΙΟΝ (ombre) = privé d’ombre = le jour, le soleil – ΚΑΤΑΣΚΙΟΝ, kata (sous) ΣΚΙΟΝ (ombre) = la nuit, la lune –ΛΙΞ, pierre/ancien nom de la terre –ΤΕΤΡΑΞ = quatre, carré –ΔΑΜΝΑΜΕΝΕΥΣ, le nom d’un des dactyles [18]-ΑΙΣΙΟΝ = la droiture, d’équerre, de bon augure, le Logos.


 

Soudain, nous sommes frappés par la foudre, nous nous attendons à ressentir une douleur, au lieu de cela, nous sommes plongé dans une eau tiède et semblions flotter dans une obscurité totale. Nous avons aucune difficulté à respirer car nous avalons ce liquide et cela nous semble rassurant. Au dessus de nos têtes, nous apercevons un point de lumière qui grossit, de ce tunnel qui s’élargit vers lequel nous sommes projeté, le ciel est de couleur violette. De suite, nous sommes à l’extérieur, nous réalisons que nous étions dans un moule de couleur noir et blanc et que ce dernier a disparu, de même aucune présence de trois femmes. Notre attention est focalisée vers une pierre qui sans doute se trouvait à la croisée de chemins là où nous nous tenions auparavant. Cette pierre, c’est l’Omphalos et elle est couverte d’inscriptions qui relate la naissance de Dionysos – ses parents, Zeus et PerséphoneHéra la jalouse, ses membres déchirés par les Titans et sa renaissance du royaume de mort de Sémélé. Nos yeux restent fixés sur cette pierre qui représente la frontière ultime entre les dieux et les hommes.

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Pour les personnes désirant approfondir leur connaissance de cette Déesse, je suggère le livre intitulé «Hieroglyphica, sive, De sacris Aegyptiorvm» [19]. Plusieurs sanctuaires furent érigés dans le monde antique à l’honneur d’Hécate. De nos jours, ils sont laissés à l’abandon, tout au plus nous pouvons les visiter.[20]


 

Notes :

  1. Hans Dieter Betz (ed). The Greek Magical Papyri in Translation: Including the Demotic Spells(Chicago, IL: University of Chicago Press, 1992). pp. 88 – 90.
  2.  Karl Preisendanz (trans. & ed.). Papyri Graecae Magicae Die Greiechischen Zauberpapyri. (Berlin: Verlag und Druck Von B.G. Teubner, 1928). Lire ici : https://archive.org/details/Papyri_Graecae_Magicae
  3. Lexique de Luis Muñoz Delgado: Léxico de magia y religión en los papiros mágicos griegos. ici: http://dge.cchs.csic.es/lmpg/
  4. Perseus Hopper, antiquité Grecque et Romaine: http://www.perseus.tufts.edu/hopper/collection?collection=Perseus:collection:Greco-Roman
  5. Dictionnaires et Encyclopédies Académiques : http://translate.deacademic.com/
  6. Peter Grey. Lucifer Princeps. (Scarlet Imprint, 2015). pp. 90-97.
  7. Aristophane. Les grenouilles- 406 av. J.-C. Lire ici : http://remacle.org/bloodwolf/comediens/Aristophane/grenouilles.htm
  8. Lire aussi Grenouilles et crapauds en contexte funéraire dans le monde gréco-romain, ici : https://pallas.revues.org/1628?lang=en
  9. Jean de Clairefontaine. Apocalypse, révélation alchimique (Axis, 1985).
  10. Voir PGM I. 42-195, PGM IV. 1227-1264, PGM IV. 1390-1495, PGM IV. 2006-2125, PGM IV. 2943-2966, et PGM LXX. 4-25.
  11. Jake Stratton-Kent. Geosophia: The Argo of Magic. vol. I (Scarlet Imprint, 2010). & Jake Stratton-Kent. Geosophia: The Argo of Magic. vol. II (Scarlet Imprint, 2010).
  12. Gershom Scholem. Mélanges d’Histoire des Religions offerts á Henri-Charles Puech (1974). pp. 405-421.
  13. La nécromancie Grecque et les influences orientales, Lire le mémoire de François Veilleux ici : http://docplayer.fr/13598479-Universite-du-quebec-a-montreal-la-necromancie-grecque-et-les-influences-orientales.html ou Daniel Ogden. Greek and Roman Necromancy. (Princeton, NJ: Princeton University Press, 2001). pp. 56 et pp. 223-224.
  14. Jake Stratton-Kent. Geosophia: The Argo of Magic. vol. I (Scarlet Imprint, 2010).
  15. PGM II. 32, PGM IV. 2771 ff. (cf. IV. 337), PGM V. 424, PGM VII. 680-683, PGM VII. 895ff, PGM XIII 923ff, PGM XIXa. 12, DMP vii. 25-26.
  16. R. G. Edmonds III. The Ephesia Grammata: Logos Orphaikos or Apolline Alexima pharmaka? in The Getty Hexameters: Poetry, Magic, and Mysteries in Ancient Selinous, ed. Christopher Faraone & Dirk Obbink. Oxford University Press (2013), pp. 97-106
  17. Pierre Nicolas Rolle. Recherche sur le culte de Bacchus. Imprimerie A. Bobée, 1824.
  18. Corpus des énoncés barbares. Ici: http://www.cenob.org/Enonces/Noms?ID=2019
  19. Valeriano, Pierio, 1477-1560; Curione, Celio Augustino, 1538-1567; Holbein, Hans, 1497-1543, Hieroglyphica, sive, De sacris Aegyptiorvm, pp 432. Lire ici : https://archive.org/details/sivedesacrisaegy00vale
  20. Visite du sanctuaire d’Hécate à Lagina : https://followinghadrianphotography.com/2016/05/02/lagina/

 


Thanks to Leonardo Drakon – You can read an English version at : http://voces-magicae.com/2015/08/05/pgm-iv-2708-2784-invocation-of-hekate/

 

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