Le pentalpha de Pythagore

O Désirable, aimable, Reine des innombrables demeures et de tous les hommes, entends-moi, bienheureuse Hygiéia, Mère universelle, qui apporte les richesses, car les maladies des hommes sont chassées par toi, et toutes les demeures se réjouissent grâce à toi. Le Kosmos te désire pour reine, et Aidès seul te poursuit de sa haine, ô Éternelle, qui nourrit les âmes, toujours florissante, repos désirable des mortels!; car, sans toi, en effet, tous leurs travaux sont inutiles, il n’y a pour eux ni richesses, ni douces unions, et l’homme laborieux n’arrive point à la vieillesse. Seule tu gouvernes toutes choses et tu commandes à tous. Viens, ô Déesse!! sois toujours bienveillante à ceux qui enseignent tes mystères, et délivre-nous des tristes douleurs de la maladie.   – Hymne orphique à Hygeia.[1]

hygeia

Le pentagramme ou le pentalpha nous est parvenu sur des tablettes d’argile en provenance de Mésopotamie – datation: 3000 av. J.-C. Il portait la graphie sumérienne « UB », qui signifie angle, régions. Il représentait le ciel (« kibratu » en akkadien) et les 4 points cardinaux. Apparemment ses 5 pointes correspondraient aussi aux cinq planètes des anciens (Jupiter, Mercure, Mars, Saturne et Vénus).  Nous retrouvons par la suite cette étoile à 5 branches dans la Grèce antique (Ve siècle av. J.-C) où elle fût usitée par les pythagoriciens en signe de reconnaissance ou de protection (Iambl., Vita Pyth. XXXIII)[2]. Pythagore fit sans doute la connaissance de ce symbole lors de son séjour en Égypte ou à Babylone ( c. 554-533 av. J.-C).  Les pythagoriciens nommèrent cette étoile ΥΓΙΕΙΑ ou υγεία (santé).

Phi et les mathématiques

pentagram-golden-ratio-phi

Nous avons déjà abordé phi dans le cadre de l’étude de la planète Vénus [3]. Les pythagoriciens étant les scientifiques (ἐπιστήμη)  de l’époque, pourquoi ont-ils adopté ce symbole ? D’abord pentagramme=πέντα (5) γράμμα (lettres) ou γραμμή (lignes) – en décomposant le pentagramme en lignes et en mettant bout à bout les 2 premiers lignes les plus courtes on obtient la 3ème ligne, la 2ème ligne rajoutée à la 3ème correspond à la 4ème ligne – le ratio entre la 1ere et la 2ème ligne ou le rapport entre la 2ème et la 3ème est de φ – en outre caché dans ce symbole on trouve  5 rectangles dits d’or – que l’on peut reproduire à l’infini.[4]

Phi Φ = 1,618033988 est un nombre irrationnel ayant des propriétés uniques. Pour l’obtenir par la géométrie nous allons diviser la ligne  A  pour obtenir le segment B et C de quelle sorte que le rapport entre A et B golden-proportionsoit identique au rapport entre B et C. Ceci n’est possible qu’à un point : la droite A doit être de 1,618 fois le segment B et ce dernier doit correspondre à 1,618 fois le segment C. De façon analogue le segment C doit être de 0,618 de B et ce dernier doit correspondre à 0,618 de A. Si nous portons φ au carré, nous obtenons un nombre dont l’expression est phi plus un, Φ²  = Φ + 1. Un divisé par phi est égale à phi moins un, 1 / Φ = Φ – 1. Dans notre exemple ci-dessus : A = B + C, et A / B = B / C, donc B + C = B²/C. Si nous posons que C est égale à 1, nous obtenons B + 1  = B², donc B² – B – 1 = 0. Nous avons de fait la solution de l’équation de second degré à savoir :     quadratic-formula.

En appliquant le théorème de Pythagore à Φ² = Φ + 1 ou 2,618…=1,618..+1, nous pouvons construire un triangle de 90°, dans ce cas nous parlerons de triangle d’or de coté A, B, C soit √Φ, 1 et Φ. golden-triangle-pythagorus

Phi et le nombre 5

Le nombre 5 est intrinsèquement lié à Phi et à la suite de Fibonacci. De façon traditionnelle de nos jours nous calculons Phi par la formule suivante : Φ= (√5+1)/2. Un autre fait intéressant : Phi (φ) en isopséphie vaut 500.  Autres expressions de phi : Φ = 5 ^ 0,5 x 0,5 + 0,5 ou Φ= √(( 5+√5) / (5-√5)) ou Phi = e ^ asinh(0,5) ou  en radians, Φ=2 cos (Π/5). On peut également trouver la énième de la suite de Fibonacci par la formule suivante fn =  Phi n / 5½.  Nous trouvons aussi 5 dans le triangle de Pythagore (triangle Isiaque).image012  5 est le soutenant (ὑποτείνουσα) de 3 et 4, c’est à dire que 5 nait de l’union du premier nombre impair, masculin ceci selon Plutarque (je dirais de polarité électrique positif) et du nombre pair, féminin (je dirais de polarité électrique négative). [5] Sur le fronton du temple dédié à Apollon à Delphes était inscrit Ε (έψιλον, ε, l’isopséphie de cette lettre nous donne 5. [6]

 Zeus, Aphrodite, cinq et le pentagramme

La pièce de monnaie ci-dessous nous vient de Pitane, en Mysie (circa 1er siècle apr. J.-C), on y voit sur l’avers, le Dieu Zeus Ammon, et au revers un pentagramme.

pentacle

Dans lécanomancie, nous avons vu que Zeus, Dieu du ciel, utilise son foudre (Σ, L’isopséphie de la lettre sigma=200) pour venir à bout de Typhon. La foudre est un phénomène naturel de décharge électrique entre le ciel et la terre – donc Zeus transforme l’Air (le soutenant) en plasma. [7] Nous avons vu également sur le fronton de l’ Hekatompedon (100 pieds), Zeus tenir un oiseau (symbole de l’Air). Henri Corneille Agrippa, dans philosophie occulte  (Lib. III, cap. xxi)  attribue au mot grec Υ-Γ-Ι-ΕΙ-Α, les 4 éléments d’Empédocle (Terre, Eau, Air, Feu) et l’Esprit.[8] Du point de vue moderne, nous parlerons des états de la matière, à savoir solide, liquide, gazeux et plasmique. L’état plasmique constitue le raffinement vers la quintessence de la matière.  Les dieux s’adressent à nous lors des événements importants de notre vie souvent en nous envoyant un oiseau..encore faudrait-il comprendre le langage des oiseaux. Quittons le monde grec où le ciel est masculin, la terre est féminin …et tournons nous vers les planètes – nous pouvons d’ores et déjà associer Aphrodite, fille de Zeus, selon Homère , Hygie ou Vénus à une rose à 5 pétales…mais nous remarquons aussi la synergie de Jupiter avec Vénus – Zeus avec ses abeilles qui extraient le nectar de la fleur pour en faire du miel. En observant notre galaxie, nous remarquons une spirale qui s’étend de la singularité jusqu’à nous.

re-refqe
Raffinement vers la quintessence.
milky_way_galaxy_sun05s
Localisation de notre Soleil par rapport à la singularité.

Isopséphie de l’alphabet grec

Étant donné que les anciens grecs comptaient avec les lettres de leur alphabet, je donne ci-dessous les correspondances numériques de ces dernières.

1 2 3 4 5 6 7 8 9
Α,α Β,β Γ, γ
Δ, δ
Ε, ε
F Ζ, ζ
Η, η
Θ, θ
10 20 30 40 50 60 70 80 90
Ι, ι
Κ, κ
Λ, λ
Μ, μ
Ν, ν
Ξ, ξ
Ο, ο
Π, π
Q
100 200 300 400 500 600 700 800 900
Ρ, ρ
Σ, ς, σ
Τ, τ
Υ, υ
Φ, φ
Χ, χ
Ψ, ψ
Ω, ω
Ϡ

 Phi et la santé

Voyageons vers la Grèce antique et faisons la connaissance d’Hygie (en grec ancien Ὑγιεία / Hugieía ou Ὑγεία / Hugeía, « santé »), déesse de la santé, la fille d’Asclépios, dieu de la médecine, et d’Épione. Le terme Hygiène dérive du mot grec Ὑγεία.

Pendant que Hygie était le personnification même de la santé, ses sœurs : Panacée (Πανάκεια, Παν, pan« tout », et ἄκος, akos« remède ») prodiguait des remèdes universels – Iaso permettait le récupération après une maladie, Acéso, définissait le processus de la guérison et Aglaé redonnait éclat, beauté, splendeur et magnificence. Des temples furent érigés à l’honneur d’Hygie – à Epidaure (epi=sur, aure=aura), Corinthe, Kos, et à Pergame. Elle était souvent décrite comme une jeune femme tenant un bol dans lequel un serpent se désaltérait ( voir la statue ci-haut). Essayons de comprendre ce que le sculpteur de la statue d’Hygie a essayé de nous transmettre : Nous commençons notre vie par le premier inspire (Air) et à notre mort, nous rendons notre dernier souffleὙγεία (5 lettres) maintient le serpent en vie car elle le nourrit.

Nous retrouverons plus tard Hygie dans le monde romain avec le terme pentagulum ou pentaculum, mais aussi par le vocable Signum pythagoricum (« Signe pythagoricien »), signum Hygae (signe d’Hygée) ou encore signum salutatis (en latin : « signe de la salutation », entre pythagoriciens) – il faudrait pas s’étonner que même encore de nos jours dans le monde francophone on entend l’interjection « salut » quand des personnes se croisent…

Du point de vue ésotérique, Hygie représente non seulement l’hygiène que nous devons appliquer à notre corps physique, mais aussi à une hygiène psychique à l’intérieure de nous. Les troubles du corps physique (maladies) se produisent en raison de déséquilibres énergétiques prolongés dans le champ d’énergie éthérique (aura) ou autour du corps. Lorsque le champ d’énergie éthérique est déséquilibré – comme dans le cas des désaccords émotionnels dues à nos tempéraments : nerveux, lymphatique, sanguin ou bilieux et que ces derniers persistent – ils se traduisent, se manifestent par une maladie physique. Par conséquent, la conservation d’une bonne santé physique peut être atteint en maintenant en santé son moi intérieur. Tout comme le corps physique nécessite un nettoyage constant, il en est de même pour la psyché. La pratique de certains rituels comme le rituel du pentagramme aide à maintenir la psyché en équilibre – une méditation quotidienne contribue également à maintenir le moi intérieur dans un état de propreté et de conserver ainsi une bonne santé psychique et physique. Nous avons à peine effleuré le sujet car les implications de Phi dans l’univers déployé sont incommensurables. On trouve sur la toile plusieurs rituels afférent au pentagramme.[9]

bol
Symbole d’Hygie.

« Je jure par Apollon, médecin, par Esculape, par Hygée et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin que je remplirai, suivant mes forces et mes capacités, le serment et l’engagement suivants :…» – Serment d’Hippocrate.[10]

Notes :

  1. Charles Marie René Leconte de Lisle : traduction de l’Hymne orphique à Hygeia, 1869. Lire la pp.72 : http://www.arbredor.com/ebooks/HymnesOrphiques.pdf
  2. Jamblique: la vie de Pythagore, traduit par Luc Brisson et Alain Philippe Segonds, Éditeur Les Belles Lettres, livre broché, 2001, ISBN-10 2-251-33954-X.
  3. Lire Vénus : la féminine céleste
  4.  Visionner la vidéo de Donald au pays des Mathémagiques, Disney, 1959 : https://www.youtube.com/watch?v=j_a4-zoTtAU
  5. Plutarque : Œuvres morales, Volume 2 – traduit du grec par Ricard, 1844 – que l’on peut télécharger ici : https://play.google.com/store/books/details?id=a_dcfLNRpQwC&rdid=book-a_dcfLNRpQwC&rdot=1
  6. Plutarque : Œuvres morales, traduit du grec par Ricard, 1844 : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/ei.htm et lire ici : http://www.revue-kephas.org/04/1/Got141-143.html
  7. La théorie de l’univers électrique : http://www.electricuniverse.info/Introduction
  8. Henry Cornelius Agrippa. De la Philosophie Occulte (Broché – 1 novembre 2014).
  9. Rituel  mineur de bannissement du pentagramme : http://www.esoblogs.net/14613/rituel-mineur-de-bannissement-du-pentagramme/
  10. Hippocrate, son serment traduit par Émile Littré – 1819-1861. que l’on peut lire ici : http://www.aly-abbara.com/museum/medecine/pages_01/Serment_Hippocrate_ancien.html

 

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